Les Amis d’Al-Rowwad

Textes du public

Lettre d’une adolescente de Voiron aux acteurs de la troupe Al-Rowwad

À Salam, Ribal, Waoud,
À vous les enfants de la troupe Al Rowwad,
À vous les enfants du camp d’Aïda,

J’ai tenté de vous dire, Salam et Ribal, en vous raccompagnant à la gare le jour de votre départ de Voiron, combien votre venue chez nous était importante et quelles traces elle laisserait longtemps dans nos c ?urs et dans nos mémoires. J’étais alors limitée par la barrière de la langue et aussi par l’émotion. Cette émotion d’ailleurs ne m’a pas quittée pendant tout votre séjour et m’habite encore. Aussi je vous redis ici, à vous et à vos camarades, ce que j’ai tenté alors d’exprimer.

Merci à vous les enfants d’Al Rowwad pour cette magistrale leçon de vie et d’humanité que vous nous avez donnée.
Merci pour votre énergie, si impressionnante, déployée sur scène.
Merci pour votre générosité, car vous nous avez donné, sans doute bien plus que vous ne pouvez l’imaginer.
Merci aussi pour vos sourires et vos rires, partagés avec nos enfants de Voiron.
Merci de nous avoir permis de découvrir, d’apprendre un peu plus encore sur l’histoire et le drame de votre peuple, de votre pays.
Merci de nous avoir montré que les armes de résistance peuvent être les mots, les chants, les danses : la scène. Que c’est sur la scène que se déroule votre « guerre des pierres ».
Merci de nous avoir témoigné que la voie vers la liberté et la paix est inexorablement et intimement liée à celle du combat pour la dignité, mais aussi que la dignité d’un peuple passe par sa capacité à se dire.
Ces mots qui sont les vôtres et que vous transportez de ville en ville, de pays en pays, pour dire votre combat, sont désormais les nôtres. Votre combat est désormais le nôtre.
Je vous embrasse, et salue avec chaleur et respect Abdel - pour qui je n’ai pas de mots pour lui dire toute mon admiration face à son travail - Ishra et Ibraïm, pour ce qu’ils font à vos côtés.

Nathalie Coblentz
Voiron, le 22 juillet 2003

Votre ch ?ur parlé, chanté, dansé, jailli de l’intensité de vos vécus, ressentis, pensé avec courage , témoigne.

Merci pour votre spectacle auquel nous sommes "en accord", découvrant aussi le poids de cette occupation.
des témoins occasionnent des réflexes d’accueil divers, vous- l’expérimentez .Mais vous avez du courage, un courage tel que vous finissez sur scène dansant, vous dansez, dansez nous entraînant, spectateurs, dans un fervent joyeux au revoir.
et me viens à l’esprit les premières phrases de ton poème, Abed :
Chers amis, permettez moi de forcer les lettres à s’accoupler
Et accordez moi le droit de faire pression sur elles pour que un L devant un I et un B la suit et un R s’accroche après, juste devant un E pour forme le mot LIBRE
Et permettez moi de tirer le P de son sommeil
Et la décorer avec un A
Et que un X se fend l’âme
Pour être au dernier rang après le I
Et la PAIX comme un rêve, survient.

Et certes je n’arrête pas tes poèmes à ces mots.................

Gaby Chalvin

"Je pense pouvoir dire aujourd’hui que j’ai vécu ce séjour du groupe palestinien comme une action militante nouvelle, que je n’avais pas connue jusqu’à présent.

Pourtant cela avait commencé comme à l’accoutumée au soir du 25 nov. 2002 où je venais saluer le peuple palestinien en lutte par la présence d’Abdelfattah à Voiron.

Mais cette soirée m’avait emballé et donné l’envie de participer concrètement à l’accueil de ce groupe.
J’adhérais donc naturellement à l’association AL Rowwad au soir de la réunion à la Maison St Pierre.

Cependant je ne voyais pas autour de moi mes connaissances habituelles, mes amis militants de toujours et j’étais aussi déçu de cette première réunion de travail lancée par Martine et Fernand qui rassemblait si peu de monde par rapport à la soirée de novembre avec Abdel.

J’ai vite compris qu’à Voiron le rameau porteur de cette action avait ses racines à la maison St Pierre et me paraissait franc et solide.
Ainsi nous avons tous ensemble marché pour la réussite de cet accueil et je pense avoir apporté ma pierre à la construction de cette rencontre.
J’ai éprouvé des satisfactions et des émotions au soir de l’arrivée des enfants et surtout à la représentation théâtrale.
Je n’ai pas eu par contre que peu de contacts avec les amis palestiniens alors que par l’intermédiaire de mon voisin Hassan que j’avais invité j’espérais quelques échanges .
En résumé je dirais que j’ai vécu une action militante conduite avec sincérité, malgré des courants de pensée différents entre nous , et que, j’ai apprécié aussi des élans de générosité de nombreuses personnes engagées dans les différentes taches à accomplir.
Je peux dire aujourd’hui que j’ai rencontré de nouveaux amis."

Armand Clavel.



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