Les Amis d’Al-Rowwad

Si vous jetez des pierres, nous vous lancerons des gaz jusqu’à ce que vous mouriez tous

Les soldats ont déclaré aux réfugiés du camp d’Aida : « Si vous jetez des pierres, nous vous lancerons des gaz jusqu’à ce que vous mouriez tous - les jeunes, les enfants, les vieux ».

BETHLEHEM, territoires palestiniens occupés - Yazan Ikhlayel, 17 ans, se trouvait dans un centre communautaire du camp de réfugiés d’Aida à Bethléem lorsque les forces israéliennes ont pris le camp d’assaut. Ikhlayel s’est servi de son iPhone pour filmer les jeeps israéliennes qui roulaient sur l’une des routes principales du camp en lançant des gaz lacrymogènes, quand un soldat s’est mis à parler aux résidents dans un des haut-parleurs de la jeep.

« Habitants du camp de réfugiés d’Aida, nous sommes l’armée d’occupation ! Si vous jetez des pierres, nous allons lancer sur vous du gaz jusqu’à ce que vous mouriez tous autant que vous êtes, jeunes, enfants, vieillards. Vous allez tous mourir ! »

Le soldat a continué à lancer en arabique toutes sortes de menaces et d’insultes à la population du camp d’Aïda. Mais, selon Ikhlayel, c’est la première phrase qui a vraiment choqué les gens.

« Pour moi, le plus important est que cette vidéo fasse comprendre aux gens ce qu’est vraiment la « démocratie israélienne » a dit Ikhlayel à Middle East Eye.

« Ils l’ont reconnu clairement, ils ont dit qu’ils nous occupaient, ils ont dit : « Nous sommes l’armée d’occupation ». C’est bien la preuve que ce pays est un pays d’apartheid, et pas du tout une démocratie ».

« C’est la première fois que je les entends dire quelque chose comme ça, au haut-parleur, pour que tout le monde l’entende, » a continué Ikhlayel.

« Les jeunes n’acceptent pas ce que font les soldats, surtout maintenant. Ils sortent dans les rues [pour protester] tous les jours, et ils ne s’arrêteront pas. Ils n’ont pas peur d’eux. »

Lorsque nous lui avons demandé s’il pensait que le message du soldat allait suffisamment effrayer les jeunes pour qu’ils arrêtent de manifester, Ikhlayel a secoué catégoriquement la tête.

« Ils continueront tant que l’occupation durera, » a-t-il affirmé.

Mohammed al-Azza est un journaliste indépendant du camp de réfugiés d’Aida. Il était dans les rues en train de prendre des photos pendant le raid de jeudi sur le camp.

« Ce qui est arrivé aujourd’hui n’est pas normal. Ils ont attaqué le camp d’une manière démente. Il y avait des manifestants dans les rues, oui, mais le but des soldats n’était pas de lancer des gaz lacrymogènes sur les enfants qui
manifestaient », a déclaré al-Azza.

Ce qu’ils voulaient, aujourd’hui, c’était faire du mal aux habitants du camp, ce n’était pas d’essayer d’arrêter les manifestants qui étaient dans les rues. »

Selon Al-Azza, les forces israéliennes essayent de pousser la population entière à faire pression sur les jeunes pour qu’ils arrêtent de protester, ce qui leur éviterait de jouer au chat et à la souris avec les jeunes manifestants comme ils sont obligés de le faire tous les jours depuis le 2 octobre.

« Cela faisait longtemps que nous n’avions pas vu les soldats utiliser un haut-parleur comme ça », a déclaré al-Azza.

« Mais c’est l’expression qu’ils ont employés qui nous a vraiment surpris – généralement ils (les Forces de défense israéliennes) n’utilisent pas l’expression « Forces d’occupation israéliennes » comme nous le faisons ; mais c’est une bonne chose que nous, et les gens extérieurs au pays ayons pu entendre cela. Cette fois, ils nous l’ont dit : « Nous sommes l’occupation. »

Al-Azza espère que beaucoup de monde va regarder la vidéo et se rendre compte de ce qu’est le quotidien des Palestiniens sous occupation militaire.

« Habituellement, quand nous parlons de la Palestine, nous racontons aux étrangers ce que les Israéliens ont fait, mais c’est généralement après coup, cette fois les gens vont entendre de la bouche des soldats israéliens eux-mêmes ce qu’ils veulent nous faire. Ils ont dit clairement : « Nous allons vous tuer et nous allons vous faire telle et telle chose ». Il est très important que les internationaux puissent entendre ce genre de choses que nous, nous entendons tout le temps. »

Akkram Huessni et une poignée de ses amis portaient des masques à gaz, pour circuler dans le camp de réfugiés d’Aida et aider les gens à s’enfuir quand les soldats se sont mis à parler dans le haut-parleur. Huessni n’en croit toujours pas ses oreilles :

« Ce soir, tout le monde en parle dans le camp ; ici, on ne parle que de ce que les soldats [israéliens] ont dit et de ce qu’ils ont fait », a déclaré Huessni.

« Cela a été un vrai choc, j’ai encore du mal à en croire mes oreilles, et tout le monde dans le camp a ressenti la même chose que moi. Nous sommes vraiment très surpris, non pas qu’ils aient dit ça, mais qu’ils l’aient dit haut et fort en public », dit Huessni.

« Mais ce qui est vraiment effrayant, c’est qu’ils ne se contentent pas de le dire - nous les avons vu aujourd’hui et nous croyons qu’ils sont sincères : ils veulent vraiment tuer les habitants du camp. »

Huessni dit que lui et ses amis ont sauvé jeudi des dizaines de personnes qui étaient piégées dans des nuages ​​de gaz. À certains moments, tout ce qu’il pouvait voir, autour de lui, c’était du blanc, dit-il.

« Aujourd’hui, c’est le premier jour où nous avons vraiment compris qu’il nous fallait nous organiser pour avoir des gens sur le terrain dans chaque quartier du camp pour s’assurer que tout le monde est en sécurité. Ils lançaient du gaz directement à l’intérieur ses maisons. Un bébé de deux mois a été atteint par le gaz, il est à l’hôpital maintenant avec ses parents », a déclaré Huessni.

« Tout cela est très choquant, oui, ce que les soldats ont dit est insensé, mais ce qu’ils font l’est tout autant - nous sommes vraiment convaincus que, dans cette vidéo, ils ne parlent pas à la légère.

Vous pouvez consulter cet article à : http://www.middleeasteye.net/news/watch-israeli-soldiers-threaten-bethlehem-refugee-camp-over-loudspeaker-1147215543

Traduction : Info-Palestine.eu - Dominique Muselet



FAIRE UN DON

ACTUALITES

  • « Israël » aboie : les prisonniers palestiniens sont debout

    Les prisonniers palestiniens ont entamé une grève de la faim collective, à partir du 17 avril, la journée nationale du prisonnier palestinien. 1500 prisonniers détenus dans la plupart des prisons sionistes, sur le total de 7500, ont rejoint la grève, annoncée par Marwan Barghouty, dirigeant au Fateh. Les grévistes appartiennent à la plupart des mouvements de résistance. Ils réclament la cessation des pratiques immorales et inhumaines à leur encontre, et d’être considérés comme des êtres humains. Ils (...)

  • Barcelone : un pas de plus vers une « Zone libre d’apartheid » !

    LE CONSEIL MUNICIPAL DE BARCELONE a voté aujourd’hui en session plénière une déclaration officielle qui favorise l’inclusion dans les contrats signés notamment avec des entreprises liées à l’occupation israélienne en Palestine, de clauses assurant le respect des droits des êtres humains. « La reconnaissance par la municipalité de Barcelone du droit à défendre les droits des Palestiniens par des actions non violentes de BDS n’est pas simplement le triomphe de la liberté d’expression et des droits (...)

  • Grève de la faim « Liberté et Dignité » : dès le premier jour, le régime sioniste impose une série de mesures punitives aux grévistes palestiniens

    Alors que plus de 1.600 prisonniers politiques palestiniens ont lancé, lundi 17 avril, une grève de la faim illimitée pour protester contre leurs conditions d’incarcération indignes, le service pénitentiaire du régime sioniste n’a pas tardé une série de mesures punitives contre les prisonniers, en particulier ceux qui mènent la grève. Dans un communiqué publié lundi soir 17 avril, la Commission palestinienne des affaires des prisonniers indiquait que dès le premier jour de grève, des responsables du (...)