Les Amis d’Al-Rowwad

L’arrestation des enfants par l’occupation : une nouvelle guerre contre l’enfance palestinienne

Après la vaste campagne d’enlèvements menée contre des enfants et des mineurs palestiniens, le tribunal israélien a approuvé une nouvelle loi qui permet la délivrance de peines de prison contre des enfants palestiniens, une nouvelle escalade ciblant l’enfance palestinienne et une autre violation des droits humains.

La nouvelle loi israélienne justifie la délivrance des peines de prison de longue durée contre des dizaines d’enfants palestiniens, en particulier Ahmad Manasra (13 ans), Muawiya Alqam (13 ans) et son cousin Ali Alqam (11 ans), le plus jeune prisonnier du monde. Avant son arrestation, les soldats israéliens ont tiré sur Ali à trois reprises.

Mohammed Shalala, un professeur de droit international à l’Université al-Fatah d’Al-Quds et ancien doyen de la Faculté de droit, a confirmé que la condamnation de la cour israélienne des enfants de moins de 18 ans est "une violation flagrante de la loi internationale et de la convention des droits de l’enfant dont Israël fait partie."

Ratification

Un comité ministériel israélien a ratifié le 22 Novembre une loi d’emprisonner les enfants palestiniens de moins de 14 ans s’ils commettent des crimes contre la sécurité nationale israélienne, se référant à des actes de la résistance palestinienne.

La Knesset israélienne a approuvé l’unanimité de la proposition en première lecture. Après la deuxième et troisième lectures, la loi a approuvé la présentation des enfants de 12 ans devant les tribunaux et les détenir ensuite dans les centres de réadaptation jusqu’à l’âge de 14 pour les transférer après dans les prisons pour adultes.
Jugements racistes

Shalalda a souligné que de tels procès israéliens sont basés sur la discrimination et contredisent les lois et sont différentes des condamnations des enfants israéliens même si les accusations sont les mêmes.

Il a ajouté : « Israël fait partie de la loi des traités de 1969, qui stipule qu’aucun Etat partie doit adopter une législation nationale qui viole les conventions internationales ».

Des faits bouleversants

Le Centre d’étude des prisonniers palestiniens a documenté 6000 arrestations israéliennes de Palestiniens, dont 1930 enfants, en 2015.
Riyad al-Ashqar, porte-parole du Centre, a déclaré que près d’un tiers des arrestations israéliennes étaient des mineurs. Les arrestations au cours de 2015, selon lui, ont été axées sur les enfants de moins de 14 ans et les enfants de moins de 10 aussi.

Selon l’organisation Addameer pour les affaires des prisonniers palestiniens, les Forces d’Occupation Israéliennes ont arrêté plus de 2000 Palestiniens, dont 350 enfants, portant ainsi le nombre des enfants palestiniens prisonniers dans les prisons israéliennes à 400 en Novembre dernier.

Ciblage de l’enfance palestinienne

"Israël a déjà arrêté des enfants de moins de 14 ans et même moins de 11 ans, mais le vrai danger de la nouvelle loi est l’approbation de soumettre ces enfants à des peines de prison et ceci est un risque pour leur avenir", a déclaré Abdul-Nasser Ferwana, chef du Comité des détenus palestiniens.

L’idée de la nouvelle loi israélienne a été soulevée après que l’occupation a arrêté l’enfant Ahmad Manasra (13 ans), le 12 Octobre dernier, après avoir prétendument tenté de poignarder un colon israélien.

Extorquer des aveux forcés

Ferwana a souligné que les agents israéliens utilisent la politique des menaces afin d’obtenir des aveux forcés des enfants lors des interrogatoires.

Une vidéo diffusée à partir de la salle d’interrogatoire israélienne a montré Ahmad Manasra avec trois interrogateurs israéliens criant sur lui et essayant de le forcer à avouer sa complicité dans une tentative de coup de poignard. Manasra a dit à plusieurs reprises : « Je ne me souviens pas », mais les enquêteurs l’ont obligé à dire ce qu’ils voulaient entendre, sans la présence d’un avocat.

La nouvelle loi traite les enfants comme des adultes, les exposant ainsi à des peines de prison très élevées.

Torture

"Les autorités israéliennes maltraitent les enfants palestiniens de manière systématique", a commenté Iyad Misk, avocat à la Défense Internationale des Enfants en Palestine.

Misk a souligné que les rapports recueillis entre Janvier et Juin 2015 montrent que 86% des enfants palestiniens dans les prisons israéliennes ont été exposés à plusieurs formes de torture physique. Ce pourcentage est de 10% supérieure à celui de 2014.

Les rapports montrent que les interrogateurs israéliens menacent les enfants et que les garder les enferment dans des cellules d’isolement pour les forcer à avouer, sachant que les enfants ne connaissent pas leurs droits.

Selon Misk, les autorités israéliennes exploitent la loi d’urgence qui permet l’utilisation de la politique de détention administrative à Jérusalem pour la première fois depuis l’an 2000.



FAIRE UN DON

ACTUALITES

  • Une entreprise israélienne d’espionnage qui a pris contact avec Trump a commencé par proposer de sales tours contre BDS

    La société privée israélienne de renseignement qui a proposé de manipuler les médias sociaux pour la campagne de Trump avait offert un an plus tôt des services similaires à une association de donateurs juifs américains qui cherchaient à cibler ceux qui critiquent Israël, c’est ce que révèle un document obtenu par Forward.
    Fin 2015, l’entreprise privée israélienne de renseignement Psy-Group a pris contact avec une association ad hoc de donateurs juifs en lui proposant de saper en secret le mouvement de (...)

  • On récolte ce que l’on sème fait son bilan !

    Depuis sa sortie en mai 2018, le film du réalisateur palestinien Alaa Ashkar fait le bilan suivant : 20 festivals en France et ailleurs dont un prix du meilleur film documentaire 92 projections publiques en présence du réalisateur.
    Le film vient d’être sélectionné en avant première au Festival 48mm à Tel-aviv organisé par l’association Zokhrot (Projection prévue mi décembre).
    Contactez nous pour organiser une projection publique de l’un des films du réalisateur ! Par mail : contact@freebirdfilms.com (...)

  • Cuisine, art et littérature : comment Israël vole la culture arabe

    En tant que pays colonialiste, Israël s’est activement efforcé d’effacer l’existence des peuples autochtones sur les terres qu’il occupe, de manière à mieux s’approprier ces aspects de leur culture qui le font paraître « local » plutôt qu’implanté.
    La cuisine étant historiquement une production culturelle locale, Israël ne s’enorgueillit pas de bagels, de saumon fumé ou de carpe farcie – tous d’origine européenne – mais plutôt de fallafels, de houmous, d’huile d’olive et de la salade de tomates et de (...)