Les Amis d’Al-Rowwad

Dix mille amants

Au-delà de la magnifique histoire d’amour qu’elle nous offre, Edeet Ravel dresse un tableau juste et nuancé de la société israélienne dans ses rapports complexes avec l’Autre palestinien. L’auteur tresse la maille de son récit en entrecroisant trois fils, et deux temps : d’une part, celui de Lily adulte qui écrit dans sa maison londonienne et mêle à son récit une recherche étymologique passionnante sur la manière dont l’hébreu moderne s’accommode de la langue hébraïque de la Bible, et sur les implications fondamentales que cette transposition a sur le psyché israélien ; et d’autre part, celui de Lily, jeune étudiante de 20 ans à l’université de Jérusalem : née dans un kibboutz, elle a grandi au Canada et revient faire ses études supérieures en Israël.

Un matin, alors qu’elle cherche à rejoindre Tel-Aviv, elle est prise en auto-stop par Ami. Commence alors une relation passionnée dont le cœur bat au rythme des troubles et questions suscités par la profession d’Ami : il travaille pour l’armée israélienne en tant qu’interrogateur. D’abord révulsée par cette découverte qui correspond bien peu à ce qu’elle connaît d’Ami, Lily comprend peu à peu que, grâce à sa finesse psychologique et à son humanité, Ami a développé des méthodes particulières, non-violentes, qui, tout en faisant de lui le meilleur interrogateur de l’armée, rendent aux prisonniers un semblant de dignité. Jusqu’à ce que le gouffre qui s’élargit entre ses convictions et son action, le mène à la démission...

La tension continuelle qui les déchire tous deux, entre leur loyauté patriotique et leurs sympathies palestiniennes, constitue la colonne vertébrale de ce roman dont les nuances offrent un point de vue juste et loin de tout simplisme sur les questions d’ordre ontologique qui minent la société israélienne.



FAIRE UN DON

ACTUALITES

  • La campagne pour le boycott de l’Eurovision en Israël est lancée !

    C’est un appel officiel du syndicat des journalistes palestiniens et d’un grand nombre d’associations culturelles palestiniennes aux organisateurs et participants de l’Eurovision, à boycotter l’édition 2019, annoncée comme devant se dérouler en Israël.
    "Est-ce qu’on aurait imaginé organiser l’Eurovision en Afrique du Sud pendant l’Apartheid ?", demandent les signataires de cet appel.
    "Le régime d’occupation militaire et de colonialisme israélien se sert de manière indécente de l’Eurovision pour détourner (...)

  • Les artistes de Gaza donnent un nouveau tempo à la Grande Marche du retour

    Si la chanson est reconnue depuis longtemps comme un écho des opinions populaires, voire comme un instrument de ralliement derrière une cause, dans le cas de la Palestine elle joue un rôle supplémentaire. Ce n’est pas un mystère : l’entreprise de colonisation du territoire palestinien s’est très tôt accompagnée d’une colonisation culturelle qui a entravé, menacé de disparition, voire totalement nié la culture palestinienne.
    Dans un tel contexte, les chansons palestiniennes, ou même celles qui « parlent (...)

  • Pavillon de la Palestine pour la première fois au Festival de Cannes

    L’Institut du Film de Palestine est heureux d’annoncer la participation de la Palestine pour la première fois au Festival de Cannes avec un Pavillon au Village International de Pontiero. Cette participation au Festival, qui se déroule du 8 au 19 mai 2018, est une étape importante qui renforce le statut de la Palestine sur la carte du cinéma mondial, suite à une présence importante de films palestiniens au prestigieux festival au cours des dernières décennies.
    Cet événement important est organisé (...)