Les Amis d’Al-Rowwad

Le projet Histoire Orale continue dans le camp d’Aïda

JPEG - 39.2 ko

“En 1948, j’avais 26 ans et j’avais 4 enfants. J’ai garde les clés de la maison parce que je pensais retourner chez moi quand les tirs cesseraient”.

‘‘Nous avons essayé de résister mais nous n’avons pas réussi. Quand les tirs commencèrent à siffler au-dessus de nos têtes, nous avons décide de partir. J’ai emmené mes quatre enfants et nous sommes partis a pied avec ma famille jusqu’à ce qu’on arrive au village de Halhol. Nous y sommes restés 12 jours, la situation était très difficile, il n’y avait pas de nourriture, pas d’eau, pas de vêtements."

JPEG - 36.8 ko

‘Puis, nous sommes arrivés dans le camp Aida, là où mon beau-père vivait. Ils nous ont donné une tente pour y vivre. Mon mari est tombé malade. Quand il est mort, je me suis retrouvé seule avec ma fille de 11 mois et mon fils de 2 ans, ils n’ont pas eu la chance de connaître leur père. J’ai commencé à travailler, j’apportais l’eau au gens du camp pour 20 qurish. Je cueillais les olives, cousais des vêtements. Je me souviens que je travaillais parfois jusqu’à minuit […]."

JPEG - 52.3 ko

"J’aimerai retourner dans mon village et y mourir. J’ai toujours dit à mes enfants
- n’oubliaient pas notre village, nous sommes de Ras-Abu-Amar, nous ne sommes pas réfugiés, nous devons y retourner. "

“J’aimerai que mes enfants reviennent dans leur pays, dans mon village mais la situation ici est trop difficile, ils ont une meilleure vie à l’étranger’.

 

Ces citations sont extraites des témoignages des personnes âgées vivant dans le camp de réfugié Aida. Ces derniers ont accepté de participer au projet d’histoire orale qui a débuté en Janvier 2008 au Centre Alrowwad. Le projet d’histoire orale a pour but de documenter et de conserver les expériences et la mémoire des réfugiés palestiniens de Aida avant, pendant et après la Nakba.

Al-Nakba (la catastrophe) s’est déroulée il y a 60 ans et la plupart des réfugiés qui ont vécu cet évènement sont aujourd’hui très âgés. Il est donc devenu urgent de collecter et d’archiver ces récits qui font partis de l’histoire et de le faire avant que ces personnes disparaissent. Cela est réellement important non seulement pour les familles et les Palestiniens mais aussi pour le monde qui a besoin de savoir la vérité par rapport à ce moment de l’histoire.

L’histoire orale est une manière d’interroger les personnes qui ont été témoins d’un évènement. Cette méthode est utilisée pour reconstruire l’histoire et donner la possibilité à des gens ordinaires de raconter leur propre vécu.

Une équipe de trois personnes, un cameraman (Murad Abusrour, étudiant de l’atelier vidéo Images for Life), une interprète (Kholoud Ayyad) et une volontaire française (Caroline Carpentier) ont pour objectif d’enregistrer 41 entretiens en relation avec le nombre de villages d’origine des réfugiés du camp Aida. Aujourd’hui, ces gens ne sont pas autorisés à retourner sur leur terre qui est devenue propriété de l’Etat Israélien.

À la fin du projet nous aurons une collection de cassettes mini DV regroupant des images d’entretiens et de villages. En effet, nous allons essayer de visiter ces villages et de voir ce qui en reste. Ces données seront aussi disponibles en DVD et enregistrer en tant qu’archives personnelles du Centre Culturel Alrowwad. Elles pourront être consultées par tous ceux qui ont besoin de ce genre de données pour faire de nouveaux films documentaires, publier un livre, faire une recherche, écrire une nouvelle pièce de théâtre, etc.

En lien avec l’année de commémoration des 60 ans de la Nakba, l’équipe est en train de réaliser un film documentaire. Nous allons ainsi filmer une conversation à propos du passé entre une arrière grand-mère et son arrière petit-fils. L’idée est de raconter l’histoire de la Nakba à travers l’expérience d’une personne et de présenter le processus social du partage de la mémoire. Ce documentaire participera à certaines compétitions et festivals.

 



FAIRE UN DON

ACTUALITES

  • Enorme succès du Théâtre de la Liberté de Jénine à New York !

    Le Freedom Theater, qu’Israël a tout fait pour empêcher de sortir de Jénine et de se rendre aux Etats-Unis, vient de remporter un énorme succès à New York, avec une salle comble pour ses 10 représentations de sa pièce "Le Siège" !
    La pièce, qui représente une brillante commémoration de la résistance à l’occupation, à l’intérieur de l’église de la Nativité à Bethléem en 2002, avait été censurée pendant plus d’un an aux USA.
    Mais les organisateurs américains de la tournée ont finalement réussi à vaincre les (...)

  • Une population attaquée de toutes parts mais qui ne fléchit pas !

    J’étais en Cisjordanie occupée en octobre 2015, il y a deux ans. L’atmosphère était à l’effervescence du déclenchement de ce que les Occidentaux ont appelé « l’Intifada des Couteaux », et que les Palestiniens nommaient « Intifada Al-Aqsa ».
    Les funérailles des martyrs drainaient des milliers de Palestiniens que la perte de ces jeunes gens déchirait mais qui soutenaient leurs actions sans réserve. Les Palestiniens avaient le sentiment qu’ils vivaient une nouvelle forme de résistance, peut-être plus (...)

  • L’ONU cible les sociétés qui opèrent dans les colonies

    Menacées d’être inscrites sur une « liste noire », des compagnies font savoir qu’elles ne renouvelleraient pas leurs contrats. Tel-Aviv tente d’en empêcher la publication.
    La décision avait été prise en mars 2016 par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies : créer une « liste noire » des entreprises dans le monde qui opèrent dans les territoires occupés par Israël, à savoir la Cisjordanie et Jérusalem-Est, ainsi que le plateau du Golan. Une motion proposée par la Palestine et les États arabes qui (...)