Les Amis d’Al-Rowwad

« La Cigogne » d’Akram Musallam

Dans un village de Palestine, un modeste enfant aux longues jambes grêles, aux épaules tombantes et au nez allongé se retrouve affublé par sa grand-mère d’un malencontreux sobriquet composé en arabe de deux segments identiques – laqlaq (“la cigogne”) –, sobriquet qui inoculera à l’enfant la manie d’en inverser les syllabes à l’infini. La vie du personnage sera à l’image de son nom : une suite absurde de séparations, de dislocations, de dédoublements, qui l’amèneront, comme un oiseau déboussolé, à ne plus savoir de quel côté de la ligne il se trouve.

Après L’Histoire du scorpion qui ruisselait de sueur, où il creusait la métaphore du vide et de l’absence, Akram Musallam nous offre un nouvel opus subtilement mené, dans lequel, explorant la figure de la frontière, il s’attache à déconstruire les logiques spatiales de la domination. Avec une ironie mordante, qui n’est pas sans rappeler celle de son compatriote Émile Habibi dans Les Aventures extraordinaires de Sa’îd le Peptimiste, il met à nu leurs effets sur la vie intime de gens paisibles et ordinaires – un grand-père attaché à ses oliviers et au souvenir des morts, une grand-mère espiègle, une vieille voisine diseuse de bonne aventure, son fils arriviste – que rien ne destinait à faire face à de telles équivoques ni de tels imbroglios.
Akram Musallam

Né en 1972 à Talfit, près de Naplouse, en Palestine, Akram Musallam a obtenu un diplôme en littérature arabe à l’université de Bir Zeit. Journaliste et reporter au quotidien Al-Ayyâm de Ramallah, il a publié deux romans, Hawâjis al-Iskandar (Les Tourments d’Alexandre, Ramallah, 2003) et Sîrat al-‘aqrab alladhî yatasabbabu ‘araqan (L’Histoire du scorpion qui ruisselait de sueur, Beyrouth, 2008 et Actes Sud/ Sindbad, 2010). Il a en outre participé à l’édition critique du journal de Khalîl al-Sakâkînî (Beyrouth, Institut des études palestiniennes). Il a obtenu le prix du roman de la Fondation Qattan pour L’Histoire du scorpion qui ruisselait de sueur.

Editions Actes Sud / Sinbad – La Bibliothèque arabe
Traduit de l’arabe (Palestine) par : Stéphanie DUJOLS

Dispo en ligne chez ormouz http://www.ormouz.com/produit/la-cigogne/



FAIRE UN DON

ACTUALITES

  • Lettre de rania talala , traiteur palestinienne , à Cyril lignac suite au "voyage culinaire " du sieur en Israël ...

    Cher Cyril Lignac,
    Je t’écris car depuis deux jours, on ne cesse de m’interpeller par rapport à la vidéo que tu as faite lors de ton voyage à Tel Aviv.
    Je m’appelle Rania, française originaire de Palestine (de Jérusalem et de Jaffa) et je suis traiteur de cuisine palestinienne et créatrice du blog Les ptits plats palestiniens de Rania.
    Tu ne me connais sûrement pas, sinon, tu aurais sûrement évité de parler de gastronomie israélienne dans cette fameuse vidéo.
    Soit. J’apprécie ton travail et ton (...)

  • "Jérusalem vit" : la première exposition du musée palestinien

    La direction du musée palestinien, situé près de Ramallah en Cisjordanie occupée, a inauguré samedi sa première exposition, présentant des œuvres reliant à la ville sacrée de Jérusalem lors d’une séance réservée à la presse. L’exposition intitulée "Jérusalem vit" sera ouverte au public à partir de dimanche dans la ville universitaire de Bir Zeit. Dans l’une des salles du musée, un paysage de Cisjordanie est récrée grâce à des photographies panoramiques qui s’étalent sur les quatre murs, plaçant également le (...)

  • Témoignage de Ziad Medoukh sur la pollution de la mer de Gaza

    La souffrance des Palestiniens de Gaza se poursuit. Témoignages et explications de Ziad Medoukh en direct de la plage de Gaza sur la pollution de la mer de Gaza. Les Palestiniens de Gaza sous blocus israélien sont privés de leur seul loisir : la plage de Gaza, en plein été, ils ne peuvent pas s’ y rendent à cause de la pollution de la mer de Gaza. Actuellement, la bande de Gaza subit une pollution terrible La pollution de la côte et des nappes de Gaza à cause de l’effondrement de deux centres de (...)