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L’eau est occupée

L’eau est occupée

L’occupation israélienne de la Palestine a un impact grave et dévastateur sur les ressources naturelles, sociales et économiques des Palestiniens qui sont confrontés à des violations quotidiennes de leurs droits humains. Cette situation s’est amplifiée avec la réaction violente d’Israël à la seconde Intifada qui a éclaté le 28 septembre 2000. Par une stratégie complexe de contrôles et de restrictions, au nom de la « sécurité d’Israël », l’infrastructure palestinienne a été attaquée et gravement affaiblie par la politique de l’occupation.

Un domaine crucial où l’occupation israélienne porte atteinte à la vie palestinienne est le droit d’accès à l’eau propre et en quantité suffisante, à des installations sanitaires et à l’hygiène. Pour les Palestiniens vivant sous l’occupation israélienne, ce droit essentiel est remis en cause systématiquement, ce qui provoque une crise de santé publique et sociale, dans des proportions terribles.

Une série d’ordres militaires israéliens, publiés peu après l’occupation illégale par Israël du territoire palestinien en 1967, ont transféré l’entière maîtrise des ressources d’eau de la Palestine historique à Israël. Par la suite, les Palestiniens ont été encore dépossédés de leur part légitime sur les ressources et sont devenus tributaires de leur occupant dans la gestion des réserves et la distribution de cette ressource décisive.

Plus tard, l’échec d’Oslo en 1995 a perpétué la maîtrise israélienne sur les ressources palestiniennes du fait que le droit â l’eau n’avait pas été défini et que cette question avait été repoussée jusqu’aux "négociations sur le statut final" (ces négociations n’ont toujours pas eu lieu).

L’existence et l’expansion des colonies dans toute la Cisjordanie et à Jérusalem privent les Palestiniens de leurs ressources et sont la cause de manques quantitatifs importants (actuellement, il y a entre 145 et 198 colonies en Cisjordanie avec une population d’environ 390 000 colons). Ces colons israéliens utilisent habituellement 6 fois plus d’eau, en moyenne, que les Palestiniens. Les Palestiniens consomment, en moyenne, seulement de 50 à 70 l/c/d (litres par personne et par jour) pour leurs besoins domestiques, l’eau provenant de nombreuses sources, et parfois, dans certaines communautés, Ils consomment aussi peu que 7 litres par personne et par jour. On est loin de la consommation domestique minimum recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé qui est de 100 litres par personne et par jour, pour les petits ménages ruraux. Les dernières statistiques montrent que 43 communautés reçoivent une quantité d’eau inférieure.

Histoire et ressources

Bien que les violations ininterrompues et quotidiennes des droits humains des Palestiniens sur les questions de l’eau et de l’hygiène justifient par elles-mêmes une attention particulière, il est crucial de bien comprendre que ces violations s’intègrent dans une répression permanente de l’occupation israélienne illégale, Israël est le responsable de plus de 58 ans de politique agressive et injuste qui ont conduit à la réalité d’aujourd’hui. Les conditions dans lesquelles les Palestiniens sont obligés de vivre actuellement n’ont pas été créées par ignorance ou par accident, elles sont étroitement liées à un vaste projet d’annexion de la terre et des ressources, aussi bien que d’expulsions, un projet mis en œuvre selon un agenda israélien d’avant 1948.

Répression israélienne stratégique

Lors de l’invasion israélienne de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza en 1967, et depuis pendant l’occupation, Israël n’a fait aucun secret de son intention d’exploiter les ressources palestiniennes.

Avec la succession ininterrompue d’ordres militaires, la politique d’occupation, d’implantation de colonies, et l’agression militaire qui est liée et qui a contribué à l’expulsion des Palestiniens de leur terre, les buts israéliens de la confiscation et de l’annexion sont devenus évidents.

Bien que souvent dissimulée par le langage au nom de la « sécurité », une autre vérité se fait jour si on regarde plus attentivement ces ordres qui ont été imposés depuis 1967 sur la question de l’eau.



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