Les Amis d’Al-Rowwad

Introduction : l’eau en Palestine

Ce document sur l’eau est le fruit d’une intervention d’un membre du Groupe palestinien pour l’Hydrologie lors d’une rencontre organisée par les Amis de Jayyous.


Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue du nom de mon organisation, le Groupe palestinien pour l’Hydrologie (Palestinlan Hydology Group), et au nom des habitants de Jayyous, de vous transmettre l’expression des remerciements, de l’amitié, de la tendresse et de la fidélité de mon peuple à tous nos amis, les "Amis de Jayyous".

Avant de venir en France, j’ai demandé à un fermier de Jayyous : « Qu’aimerais-tu que je dise à celles et ceux que je vais rencontrer là-bas ? » Il a répondu : « Que nous voulons la liberté. », et il a pris une poignée de la terre de Jayyous en me demandant de la mélanger avec de la terre de France, en signe d’amitié et de liberté.

Chaque jour à Jayyous est un Jour de la Terre et un Jour pour la Liberté. Notre terre signifie tout pour nous : elle signifie notre maison, notre dignité et notre source de vie, les mêmes choses que votre terre signifie pour vous. Nous combattons pour sa libération, la liberté et la démocratie, tout ce pourquoi vous avez combattu. Nous comptons construire notre futur Etat sur nos terres, cependant l’occupation ne veut pas que nous soyons libres. Tout, en Palestine, est occupé : les gens, la terre, l’eau, les rêves, la nourriture, l’éducation, et la liberté.

Comment pourrions-nous construire la paix et faire confiance quand l’occupation laisse nos vies dans la misère et les difficultés permanentes ? Ce n’est pas notre choix d’être occupé ; mais c’est notre droit de résister à l’occupation. Qui ne déteste pas l’oppression ? Alors pourquoi devrions-nous l’accepter ? Qui accepte l’humiliation ? Alors pourquoi devrions-nous courber l’échiné ? Qui n’aime pas la liberté ? Alors pourquoi devrions-nous nous conformer à l’occupation ? L’occupation veut prendre tout ce que nous avons et nous faire vivre dans des cantons et des prisons éparpillées, sans espoir et sans avenir.

Jour après Jour, les événements de la région démontrent que le problème palestinien est la question clé pour une stabilité de la région toute entière. Sans la fin de l’occupation et le respect des droits des Palestiniens, la région continuera à être confrontée à des situations de guerre et de violence. Seule la reconnaissance mutuelle des droits conduira à la paix ; avec le dialogue, la communication et la coexistence, nous construirons un avenir fondé sur le respect ; avec le renforcement des valeurs humaines, nous réaliserons la sécurité et le bien-être. Il n’y a pas de paix, pas de sécurité avec l’édification de murs et des plans de séparation. Le désengagement, c’est le refus de faire face à la réalité et à nos droits ; il cautérise les blessures mais ne les guérit pas. Les faits sur le terrain prouvent que la force ne peut garantir une longue paix.

Pourquoi l’eau ?

L’eau est une ressource convoitée dans la région de la Palestine historique car elle est limitée. Avec l’occupation israélienne continue et, plus récemment, la réponse militaire israélienne à la seconde Intifada, les conditions d’accès et la qualité de l’eau pour les Palestiniens se sont gravement détériorées. Israël utilise environ 85 % des nappes d’eau souterraines palestiniennes - alimentées par 4 réseaux aquifères situés en Cisjordanie et Gaza - pour satisfaire 40 % du total des besoins en eau, en Israël. Il reste environ 15 % de l’eau palestinienne pour l’usage palestinien. Quand le mur sera achevé, ces chiffres seront encore plus pessimistes ; Israël continuera à se servir de la plus grande partie de l’eau des terres palestiniennes et contrôlera l’accès de plus de 90 % de l’ensemble des sources. D’une main, Israël vole notre eau, et de l’autre. Il nous la revend.

Pour expliquer comment l’occupation confisque la terre, réprime les hommes et réduit leurs ressources, je me concentrerai sur cette question de l’eau. A travers cet élément, vous pourrez voir jusqu’où va l’occupation dans la violation des droits humains fondamentaux et de la loi humanitaire internationale. Ce texte, et en particulier les tableaux qui y sont présentés, sont inspirés de deux rapports publiés par mon organisation, le Groupe palestinien pour l’Hydrologie, et d’un projet financé par ECHO et Oxfam-GB, appelé « L’eau pour la vie - Agression Israélienne permanente contre l’eau palestinienne - Installations sanitaires et Hygiène pendant l’Intifada. »



FAIRE UN DON

ACTUALITES

  • « on peut sortir un enfant de détention, mais comment sortir la détention des enfants ? » Projet Yes Theatre – Hébron

    Projet Yes Theatre – Hébron soutenu par les Amis d’Al Rowwad
    Taking detention out of children
    « on peut sortir un enfant de détention, mais comment sortir la détention des enfants ? »
    Un programme d’intervention de santé mentale par la pratique de l’art théâtral
    Objectifs du projet et stratégies
    Contribuer à l’amélioration de la santé mentale et du bien-être psychologique d’enfants palestiniens ayant été détenus dans les prisons israéliennes, les aider à poursuivre une vie équilibrée à travers la (...)

  • Le Centre de la paix commence l’année 2018 par une séance de soutien psychologique pour les enfants de Gaza

    Malgré une situation dramatique dans la bande de Gaza , le Centre de la paix de poursuit ses actions et ses activités pour les jeunes et les enfants de Gaza.
    En ce début de cette nouvelle année 2018, le Centre a décidé de poursuivre ses activités d’animation et de soutien psychologique pour les enfants de plusieurs régions dans la bande de Gaza pour leur faire oublier les horreurs de la situation actuelle dans leur prison à ciel ouvert et de différents bombardements israéliens.
    Le lundi 15 janvier (...)

  • Volontaires catholiques en Palestine, ils témoignent

    « La colonisation en Palestine est un cancer qui développe quotidiennement ses métastases » : telle est la conclusion extrêmement forte de Corinne et Laurent Mérer, deux volontaires catholiques qui ont passé trois mois dans les Territoires occupés. » Au printemps 2016, Corinne et Laurent Mérer passent trois mois dans les Territoires occupés à l’appel des églises chrétiennes de Palestine. Cet ancien amiral et son épouse ne sont pas particulièrement sensibilisés à la question israélo-palestinienne. Ils vont (...)