Les Amis d’Al-Rowwad

Analyse de la lettre type du CRIF

Voici une analyse d’un des courriers
types envoyé par le CRIF à toutes les municipalités, conseils
régionaux, conseils généraux, et à la presse concernés
par les étapes de la tournée Al Rowwad pour tenter de faire annuler
les représentations du spectacle "Nous sommes les enfants du camp".

Il est à noter que ces pressions
se font cachées, rien n’étant indiqué sur leur site Internet
(à la date du 5 juillet tout au moins). Cependant, à la lecture
de cette lettre on le comprend !

Vous trouverez ici un article
sur cette campagne consternante du CRIF.

Vous trouverez en
fin de cette page
la lettre du président du CRIF Rhône-Alpes,
Mr Amsallem, au format WORD, ou bien la copie en PDF.

Pour mémoire pour Mr Amsallem,
Al Rowwad n’est pas un village de Cisjordanie mais un centre culturel situé
dans le camp de réfugiés d’Aïda, près de Bethlehem.
Etre précis, c’est pénible, cela complique tout !

La pièce présente l’exil
des palestiniens en 1948, la création des camps de réfugiés,
l’Intifada, et surtout la vie des enfants dans le camp d’Aïda. Certains
historiens bafouent l’Histoire, le CRIF l’ignore, en la voulant imaginaire.

 

A aucun moment la pièce n’évoque
le rapprochement entre Israël et l’occupant nazi : aucune référence,
aucune image plus ou moins subliminale. Ou bien serait-ce la répétition
des images aux journaux télévisés des actions de l’armée
d’occupation israélienne qui suggère ce rapprochement à
Mr Amsallem ? Dans tous les cas, les Amis d’Al Rowwad réfutent totalement
ce type de comparaison et d’amalgame.

 

Mr Abu-Srour, Directeur du centre
culturel Al Rowwad, situé non pas dans le village d’Aïda mais dans
le camp de réfugiés de Aïda, a publié une analyse
du vote palestinien. Là encore la méthode est grossière
 : entre les deux phrases citées par le CRIF, Mr Abu-Srour développe
deux chapitres pour expliquer le vote des palestiniens, et non pas son vote.
Il conclue d’ailleurs son texte par :

"Je n’ai pas voté
Hamas, mais une grande partie de mon peuple a voté, et je respecte le
vote de mon peuple..."

et aussi :

"Personnellement je lutte contre
la violence... et c’est pour cela que je fais ce que je fais à
Al Rowwad... pour garder cette humanité en nous, et pour ne pas être
coincé dans le carré où l’occupation veut nous emprisonner...
"

[Voir l’article en entier]

 

La paix israélienne n’est pas un règlement du conflit mais une solution imposée unilatéralement. Israël propose "généreusement" 37 % territoire normalement alloué par l’ONU en 1967, qui lui-même ne représentait que le quart de la Palestine de 1948. Voici l’espoir de paix pour les Palestiniens d’Aïda, qui l’attendent depuis 60 ans dans des camps de réfugiés. Mais il faudrait en plus qu’ils l’attendent avec un sourire béat et optimiste...

 

Le CRIF n’est pas à un mensonge
près. Après "une terre sans peuple pour un peuple sans terre",
le choix des mots n’est pas innocent : la guerre de 1948 avec les Palestiniens
n’était pas une guerre d’indépendance mais un conflit d’expansion
pour la terre.

 

Le CRIF a par contre raison d’évoquer ici les pires heures de l’horreur nazie, bien que notre association ne cautionne pas de telles comparaisons. A ceci près que tout ceci est très exact : près de 9000 prisonniers politiques palestiniens dans les prisons israéliennes, beaucoup d’entre eux sans jugement, sous juridiction militaire, comme à Guantanamo, des conditions d’interrogatoire plus que musclées, plus de 300 mineurs de moins de 18 ans derrière les barreaux, presque 4.000 palestiniens tués depuis 2000, dont 700 enfants (et plus de 1.100 israéliens) ...
Quand aux membres fracturés des prisonniers par des soldats de Tsahal
à coup de pierre, les télévisions du monde entier les ont
déjà diffusées...
Le mensonge pour le CRIF est de critiquer Israël et sa politique suicidaire
envers les Palestiniens.

 

Le plus abject est ainsi atteint.
Aucun commentaire ne s’impose ici, il n’y a que dégoût.

 

Sétif en Algérie,
My-Lai au Vietnam, Deir Yassin en Palestine sont autant de "mythes"
inhérents à toute guerre coloniale. Lorsqu’une démocratie
se lance dans ce type de conflit, elle ne peut rester propre. Mais certaines
ont l’honneur de reconnaître les faits et de rendre hommage aux victimes.
Le CRIF ne va pas jusqu’à nier l’existence du massacre de civils à
Deir Yassin, mais affirme simplement que l’armée ne l’avait pas vraiment
planifier !
Nous ne pouvons que recommander la lecture des essais de Benny Morris, historien
israélien très pro sioniste, qui pourtant reconnaît cet
épisode sanglant.

 

La rhétorique est classique
 : défendre les droits d’un peuple occupé militairement est un
acte antisémite. La mauvaise foi du CRIF ne serait que consternante si
elle n’était pas relayée très largement par les média
 : exploitation du moindre incident, amalgame entre agressions antisémites
et défense de la Palestine, le CRIF tente de brouiller le message pour
discréditer l’ensemble du mouvement palestinien.
Et donc, "pour favoriser à tous les niveaux le dialogue pour promouvoir
la paix", le CRIF tente de bâillonner les victimes, les enfants d’Al
Rowwad, venus témoigner de leur vie dans les camps.

 

Cette annulation par la Mairie de
Cenon a duré 5 jours : la mairie à été condamnée
par le Tribunal Administratif de Bordeaux pour atteinte grave à la liberté
d’expression (voir l’article sur cette affaire).
Ailleurs, c’est une enquête des Renseignements Généraux
qui a abouti à discréditer la propagande du CRIF.

 

Les "idées extrémistes"
de la pièce "Nous sommes des enfants du camp" sont celles des
acteurs : face à la violence quotidienne qui leur est imposée
par l’armée d’occupation, ils souhaitent répondre par le théâtre,
par la danse et la musique. Ils souhaitent faire une "belle résistance",
par la culture, non violente, pour enfin aboutir à une paix juste et
acceptable.

Le message humaniste de la pièce
d’Al Rowwad est inaudible pour le CRIF.

Tout, plutôt que de laisser
entendre la voix des victimes, quitte à jouer sur les peurs, exploiter
les actes antisémites très graves, mentir, déformer les
propos, et maquiller les faits.




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